Buick Electra I, la remplaçante du Roadmaster déploie ses ailes

Buick Electra I, la remplaçante du Roadmaster déploie ses ailes

En 1959, c'est le grand chamboulement chez Général Motors : toutes les divisions restylisent leurs voitures, seule la Chevrolet Corvette conserve son corps si saillant. Au sein de Buick, il n'est pas évident de succéder à l'emblématique Roadmaster. Et pourtant, en s'évertuant à renommer toute sa gamme du petit modèle appelé LeSabre à l'intermédiaire Invicta en terminant par l'Electra, le constructeur réalise une prouesse esthétique avec les fameuses ailes Delta (Delta Wings) et les 4 feux remarquables. L'Electra, la plus imposante du panel, se décline en deux longueurs ; son empattement le plus long atteint les 225 pouces. Cette grandeur lui vaut l'attribution du sobriquet "deuce & a quarter" (2 et un quart).
Basée sur la plate-forme de corps C comme les Cadillac, l'Electra reçoit un travail d'orfèvre pour le sculpte de sa silhouette. L'élégance de l'Electra est sans pareil, l'excentricité se mesure au plus juste. Le long toit, les aretes saillantes et proéminentes, les phares inclinés d'une part et en pointe de l'autre aboutissent à une allure générale qui subjugue. La Buick déambule dans l'air d'un temps nouveau. En 1960, le changement des phares vers une position plus droite attire le regard ; les 4 VentiPorts, ces hublots chromés réapparaissent sur les ailes avant avec une forme D non loin de la désignation Electra chromée.
L'electra possède la motorisation Wildcat 445 (le nombre étant le couple en pied livre) : ce moteur de 6,6 L de cylindrée développe 325 chevaux. Le couple associé est faramineux pour l'époque plus de 603 Nm. La transmission rendant possible ce prodige est la Turbine Drive, boîte automatique à deux rapports. Les efforts mécaniques alloués sont remarquables ; la direction assistée et un freinage réétudié (tambours en alu) renforcent la sécurité. Il faut bien çà pour contrôler et stopper la voiture lançée : elle est capable de dépasser légèrement la vitesse de 190 km/h.
L'habitacle est pourvu d'un cuir omniprésent : sièges, garnitures et habillages. Le tableau de bord est rembourré, il comporte un compteur de vitesse horizontal avec des lumières intégrés le tout dans un système de miroir. Ce luxe s'amplifie avec les fenêtres à commande électrique. Confort et opulence se mêle dans cet intérieur, la Buick Electra respire un peu comme sa consœure Cadillac dont elle partage déjà le corps.
La Buick Electra a gagné son titre de noblesse, elle est même devenu Pace-Car aux 500 miles d'Indianapolis. Dans des versions berlines, cabriolets 2 et 4 portes, coupés et breaks, les premières Buick Electra perdurent pendant deux années. La seconde génération perdra ses penchants affriolants qui ont tant fait parler d'elle. Aux yeux des amateurs de la démesure contrôlée, les années 1959 et 1960 demeurent les plus belles années Buick. Avec les plus de 340000 unités produites durant cette période, il est toujours possible d'en dénicher une pour moins de 50000 $.

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