Dodge La Femme, l'incroyable dédicace à la gente

Dodge La Femme, l'incroyable dédicace à la gente

Jacqueline Cochran en 1953 est la première femme à passer le mur du son, dépoussiérant plus de records de vitesse et d'altitude que tous ses homologues, hommes ou femmes. Rosa Parks, arrêtée à Montgomery (Alabama) en 1955 pour avoir refusé de céder son siège dans un bus à un blanc, est à l'origine du mouvement en faveur des droits civiques. Ces initiatives accentuent la promotion sociale de la femme aux États-Unis. Dodge, filiale Chrysler décide alors de consacrer un modèle à son intention. La Femme, nom français dédié, prend naissance fin 1955 dans un marché dès plus compétitifs.

Chrysler s'était déjà essayé à ce dessein en 1954 quand il avait mis au grand jour La Comtesse aux couleurs grise et rose, cette dernière reprise d'ailleurs sur le cuir des fauteuils. Les rivaux s'étaient organisés également pour plaire aux femmes : la Pontiac Parisienne et la Cadillac Eldorado en témoignent avec leurs lignes sensiblement féminines. Cependant en 1955, après un salon de Chicago encourageant, les designers ont vraiment carte blanche pour la conception d'une voiture exclusive à la femme conductrice. Une silhouette aux courbes prononcées, des couleurs tape à l'œil (rose bruyère et blanc saphir), des chromes fins, une signature or sur les ailes, un toit rigide personnalisé et un pare-brise enrobant, La Femme n'est pas négligée dans le raffinement !

Si l'apparence extérieure est vive, l'habitacle répond encore davantage à la féminité : le tableau de bord rose et noir est très ergonomique, les sièges sont pivotants, le vide-poche conductrice est pour vu d'un ensemble contre les averses avec parapluie, imperméable, bottes, chapeau et, derrière le siège passager, un accessoire des plus remarquables : un sac rose souple à bretelle comportant briquet, rouge à lèvres, porte-monnaie, étui à cigarettes, poudrier et peigne… un souci époustouflant dans le détail ! Le tissu d'ameublement et le capitonnage est sur deux tons roses avec motif jacquard.
La signature La Femme figure également sur la boite à gants.

Niveau motorisation, le Dodge Coronet prête ses 175 chevaux ; en option royale, l'hémisphérique et ses 193 chevaux. De 2543 à 2748 dollars, Dodge vante les mérites d'une voiture sophistiquée où tendance et luxe ne peuvent qu'enflammer les cœurs. En 1956, les ailettes se rehaussent, d'autres teintes sont disponibles pour cette Femme, notamment les nuances lavandes. L'intérieur arbore d'ailleurs ses couleurs sur les tissus qui sont brodés au fil d'or, ajoutant la coquetterie. Vendue comme la touche magique du futur, un nouveau boitier imposant pour le changement de position comporte dès lors de gros boutons poussoirs. La Femme peut également se métamorphoser en « Homme » avec la motorisation « Super Powered Red Ram » V8 pleine puissance de 260 chevaux avec carburateur quadruple corps et double échappement.

La Dodge La Femme ne laisse pas une empreinte marquée dans l'histoire de la voiture américaine, juste une expérience défectueuse puisque c'est la voiture d'une femme que les femmes ne semblent pas désirer. Le concept zélé de galanterie est finalement désastreux. L'émulation des salons et le réel intérêt à posséder est très distinct. Seulement 1500 exemplaires produits en deux années, elle aura été tout de même le précurseur de l'Hi-fi embarquée. Aujourd'hui beaucoup plus appréciée pour son histoire, elle serait plus en vogue dans le contexte actuel quand on voit des voitures émergeantes destinées au sexe faible comme la Mini Cooper, la Fiat 500, la Micra Elle…

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