Ford Bronco, l'instigateur des SUV dès 1966

Ford Bronco, l'instigateur des SUV dès 1966

1966 : un nouveau segment est ouvert

De retour du deuxième conflit mondial, les soldats américains ramènent dans leurs valises le goût d'aventure en Jeep. Ces GI entrainent un réel engouement de la société à sortir des sentiers battus, nombreux clubs affichent leur intention de cultiver ce loisir. Dans les année 50, le marché tarde pourtant à se développer dans ce nouveau secteur du Off Road, les Big Three ne voulant pas risquer une concurrence aléatoire. Il faut attendre 1965 et les premières épreuves 4X4 pour que s'ouvre complètement la route au hors-route. Lee Iacocca, déjà père de la Mustang, propulse alors son Ford Bronco pour des randonnées sauvages mais lui octroie également les facultés de répondre aux exigences du pavé : l'essence du premier SUV voit le jour avec grande sa capacité de stockage et la possibilité de tracter de lourdes charges.

Si la plus grande considération est apportée aux clubs du Off Road, Ford est aussi désireux de plaire aux citadins purs et aux femmes, il s'agit d'un compromis des plus audacieux et le Bronco répond au défi en 1966. Le cadre à section carrée, le corps et la suspension (ressorts arrière semi-elliptiques et avant hélicoïdaux) sont tous créés et uniques à ce modèle donnant une originalité incroyable dans le système Ford et son souci à l'interchangeabilité des structures entre sujets. Par contre, les autres pièces mécaniques ne dérogent pas à la règle, le Bronco partage beaucoup avec la Falcon. On retrouve ainsi la transmission mais seulement offerte en manuelle à 3 vitesses (l'automatique n'arrive qu'avec la direction assistée en 1973 et de surcroît en option). La motorisation est aussi quasi identique, seul le carburateur diffère (simple corps), il s'agit du 6 cylindres en ligne de 2,8 L développant 105 ch. à 4400 tr/min.


Si le Ford Bronco voit son rayon de braquage plutôt court, il bénéficie en revanche d'une très bonne garde au sol et la géométrie des suspensions offre des indices d'anti-cabrage et anti-plongée de bon aloi. Il garde ses caractéristiques pour toute la série qui se décline du roadster à l'utilitaire sportif (pick-up par la suite) et au break, ce dernier affichant une plus grande notoriété. Pour un tarif respectif en première année (1966) de 2404, 2480 et 2625 dollars, Ford étend sa gamme de Bronco pour les soldats du feu et les éventuelles dépanneuses avec moultes accessoires en option. Les crochets d'attelage restent les plus populaires dans les alternatives en sus, la capacité de traction est en effet intéressante sur cette voiture.

La modularité n'est pas à l'oeuvre en 1966 mais tous les modèles de Bronco détiennent une faculté de démontage aisée et rapide ; sont concernés, les sièges à l'arrière, le haut et les portes secondaires. La capacité de chargement est décuplée et la manutention d'objets encombrants se rend possible mais la principale perspective reste le Off Road qui ravit les assoiffés d'expédition dans la nature. C'est dans ce sens qu'abondent les critiques automobiles qui plébiscitent le véhicule surtout pour son usage en 4X4 hors route : les qualités en forte en inclinaison sont impressionnantes et ce dans tous les rapports. Ford lésine un tant soit peu sur les pneumatiques afin de tirer sur les prix mais du coup ils sont inadaptés pour une pratique trop aventureuse. Il faut sérieusement envisager d'acquérir un deuxième train de pneus. Le freinage n'a rien d'exceptionnel non plus, les tambours sont d'usage standard. Avec la particularité des essuies-glace situés au dessus du pare-brise, il se vend finalement pratiquement 24000 unités de Bronco pour cette première année dans 5 couleurs différentes de peinture et 6 teintes d'intérieur.


1967-1977: une décennie devenue collector


A partir de 1967, Ford prend à coeur d'ajouter son moteur Windsor V8 de 4,7 L à la liste d'options. C'est un sacré coup de fouet qui propulse le Bronco à pleine puissance avec ses 200 chevaux mais n'empêche pas les ventes de chuter à moins de 15000 sorties d'usine. Les normes en vigueur imposent dès 1968 de nouveaux feux de position latéraux et pour une meilleure sécurité la courbure des pare-chocs est mise en évidence. C'est également l'ultime année du Bronco version roadster qui en fait une voiture de collection très recherchée. Les courses Off Road se multiplient à partir de 1969, une préparation spéciale voit alors le jour la Baja Bronco tiré du nom de la célèbre édition Baja 500. Finalement 650 rares modèles sont construits jusqu'en 1974. La motorisation Windsor évolue de 4,7 L à 4,9 L en 1969, un nouveau V8 plus puissant. La puissance est d'ailleurs aussi visible extérieurement, le style devient plus robuste : panneaux, toit et cadres de portes sont renforcés. Un net revirement qui rebooste les ventes à près de 21000 unités dont plus de 87 % de breaks.

En 1970, la concurrence devient de plus en plus rude : Chevrolet et GMC s'accaparent une grosse part de marché et rivalisent ardemment dans les courses Off Road. Sans grosses modifications apparentes, le Ford Bronco voit ses ventes logiquement diminuer, 1700 pick-up et 16750 breaks s'écoulent seulement. Avec des tarifs respectifs de 3535 et 3638 dollars, le Bronco de 1971 augmente son solde en volume : 1503 et 18281 unités. Cette hausse de vente peut être expliquée par l'arrivée d'un essieu renforcé à l'avant et d'une augmentation de la contenance du réservoir passée à plus de 48 L.


Ford sort une édition spéciale de Bronco en 1972 sous la désignation Ranger. Ce package inédit comprend une peinture exclusive bi-ton couleur rappelant le bois, un toit et des bas de carénage neige, une calandre et des baguettes latérales chromées, un luxe nettement affiché. On remarque aussi la roue de secours apposée à l'arrière qui s'orne d'une couverture où Bronco Ranger est affiché fièrement. L'intérieur n'est pas délaissé, le revêtement des sièges baquets est choyé, de beaux tapis apparaissent. Comme tous les constructeurs en 1972, Ford se voit assigner des contraintes par les nouvelles législations en matière de pollution : le Bronco perd en puissance, 82 ch. pour le 6 cylindres en ligne. La baisse des ventes est significative et on voit l'abandon du pick-up pour l'année suivante, seul le Bronco break résiste à la concurrence devenue acharnée


En 1973, la configuration de la transmission sur le V8 ravit nombre d'utilisateurs, l'automatique est beaucoup plus d'usage outre Atlantique. La direction assistée vient améliorer également le confort. La préférence pour la cylindrée supérieure devient beaucoup plus logique. C'est un petit sursaut des ventes sur cette année qui atteignent presque les 22000 unités mais sur les quatre dernières années, la production s'essouffle vivement, la crise pétrolière n'aidant pas. Les options sont plus modestes, la seule motorisation possible à partie de 1975 est le V8 de 125 ch. Quelques changements esthétiques en 1976 avec la grille noircie et des bandes latérales plus larges .Des freins à disque améliorent la sécurité en 1977, la puissance est légèrement augmentée : 133 ch.

Ford a su développer une autre légende de la voiture américaine, le segment du SUV se lance sur la scène et rentre dans les moeurs. Une deuxième génération suivra de 1978 à 1996 mais basé sur plate-forme de camion (la série F), le Dodge Ram étant l'instigateur du nouveau mouvement. Les collectionneurs savent la vraie valeur du Bronco d'origine et le marché actuel est toujours en émoi. Au salon international de Détroit début 2017, un prototype de Ford Bronco a vu le jour dans l'attente d'un commercialisation d'ici 2020 et le retour d'un nouveau SUV.

Annonces de Ford | Ford Bronco à vendre |